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Date de mise en ligne 20 Fev. 2019

Madagascar-FMI : 155 millions USD débloqués, fruit d'un dialogue technique soutenu et d'orientations économiques structurées

 

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé, le 30 septembre 2026, les troisième et quatrième revues combinées des programmes appuyés par la Facilité élargie de crédit (FEC) et la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Cette décision autorise le décaissement immédiat de 114,052 millions de DTS, soit environ 155 millions USD, dont près de 100 millions USD au titre de la FEC et 55 millions USD au titre de la FRD. Au-delà de l’apport financier, cette étape vient conforter les efforts engagés par Madagascar pour restaurer progressivement les équilibres macroéconomiques, poursuivre les réformes et préserver les dépenses prioritaires. Elle intervient dans le cadre des accords FEC et FRD d’une durée de 36 mois, approuvés en juin 2024.

Des orientations portées au plus haut niveau de l’État

Cette avancée s’inscrit dans les orientations fixées au plus haut niveau de l’État, sous l’impulsion du Président de la Refondation de la République de Madagascar, le Colonel Michaël Randrianirina, et sous la conduite du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Mamitiana Rajaonarison. Dans un contexte marqué par les conséquences des cyclones, les tensions sur les prix internationaux de l’énergie et des marges budgétaires limitées, le Gouvernement a fait le choix d’une action publique mieux structurée, fondée sur un Plan de relance, des priorités clairement identifiées et des orientations économiques soutenues. Cette démarche traduit la volonté de sortir d’une gestion essentiellement dictée par l’urgence et les contraintes du moment. L’action de l’État s’inscrit désormais dans une logique de programmation et d’anticipation, où un Plan sert de cadre aux principales orientations en matière de relance économique, d’assainissement des finances publiques, d’amélioration de la gouvernance, de redressement des entreprises publiques et de protection des dépenses essentielles. Elle permet également à Madagascar d’aborder les discussions avec ses partenaires à partir de ses propres priorités, en défendant des orientations nationales structurées et une trajectoire cohérente avec les réalités économiques et sociales du pays.

Le MEF au cœur des échanges techniques

La conclusion de ces revues est également l’aboutissement de plusieurs mois d’échanges techniques conduits par le Ministre de l’Économie et des Finances, Dr Ramiarison Herinjatovo Aimé, avec l’appui des équipes de son département et des administrations concernées. Finances publiques, mobilisation des recettes, soutenabilité budgétaire, situation de la JIRAMA, politique énergétique, prix des carburants, gouvernance, protection sociale et réformes liées à la résilience climatique ont fait l’objet de discussions approfondies avec les équipes du FMI. L’enjeu a été de concilier les exigences de stabilité macroéconomique avec les réalités économiques et sociales du pays. Ce dialogue a permis de défendre les contraintes propres à Madagascar, mais également de définir les ajustements nécessaires à la poursuite des programmes.

Des efforts reconnus, mais une dynamique à poursuivre

Les résultats obtenus témoignent des progrès enregistrés. La performance du programme au titre de la FEC a été jugée globalement satisfaisante. Après le non-respect d’un critère relatif au solde primaire à fin juin 2025, les autorités ont engagé des mesures correctives qui ont permis de respecter l’ensemble des critères quantitatifs de performance à fin décembre 2025. Des défis demeurent néanmoins, notamment en matière de mobilisation des recettes fiscales, qui reste en deçà des attentes. Cette situation confirme la nécessité de poursuivre les efforts engagés au niveau de l’administration fiscale et douanière, de renforcer la gestion des finances publiques et de mieux orienter les ressources disponibles vers les investissements et les services essentiels.

Une croissance en reprise, malgré les chocs

Malgré un environnement difficile, la croissance réelle de Madagascar est projetée à 3,8 % en 2026, après 3,1 % en 2025. Cette évolution devrait notamment être soutenue par les travaux de reconstruction consécutifs aux cyclones et par le plan de relance économique du Gouvernement. Pour consolider cette dynamique, les priorités portent sur l’amélioration de la mobilisation des ressources intérieures, le renforcement de la gestion des finances publiques et la poursuite des réformes structurelles. La remise à niveau de la JIRAMA demeure notamment essentielle pour améliorer durablement l’approvisionnement en électricité et en eau tout en réduisant la pression exercée sur le budget de l’État.

Des ressources publiques davantage orientées vers les priorités sociales

La politique menée vise également à dégager progressivement davantage de marges budgétaires en faveur de l’éducation, de la santé et de la protection sociale. Dans cette perspective, le rapprochement progressif des prix des carburants avec leurs prix de référence et le retour à l’application du mécanisme d’ajustement automatique à partir de janvier 2027 doivent contribuer à limiter le poids des compensations sur les finances publiques, avec des mesures ciblées pour protéger les populations les plus vulnérables. L’objectif est de pouvoir consacrer davantage de ressources publiques aux secteurs qui ont un impact direct sur les conditions de vie de la population.

Gouvernance et résilience au cœur des réformes

Les réformes engagées couvrent également la gouvernance et la résilience climatique. Madagascar a adopté son premier budget vert ainsi qu’une Stratégie nationale de financement climatique. Un plan d’action national visant à mettre en œuvre les principales recommandations issues du diagnostic de gouvernance accompagne parallèlement la stratégie nationale de lutte contre la corruption. Ces différentes mesures traduisent une volonté d’inscrire les réformes économiques dans une perspective plus large : améliorer la transparence, renforcer l’efficacité de l’action publique et accroître la capacité du pays à faire face aux chocs économiques et climatiques.

Transformer l’appui financier en résultats concrets

Le décaissement autorisé le 30 septembre vient renforcer les moyens dont dispose l’État pour poursuivre les réformes engagées et soutenir les priorités économiques et sociales du pays. Il constitue une nouvelle étape dans la mise en œuvre d’une méthode de gouvernance économique fondée sur des orientations nationales structurées, un suivi plus rigoureux des engagements et un dialogue technique soutenu avec les partenaires. Sous l’impulsion du Président de la Refondation, la coordination du Premier Ministre et la conduite technique du Ministre de l’Économie et des Finances et de ses équipes, le défi est désormais de transformer cette avancée en résultats visibles : accélérer les investissements pour favoriser la croissance, améliorer les services publics, renforcer la résilience de l’économie et orienter davantage les ressources de l’État vers les besoins prioritaires de la population.