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Date de mise en ligne 20 Fev. 2019

Taux directeur de la BFM à 12,5%

Le ministère de l'Economie et des Finances mise sur l'équilibre entre stabilité et financement de l'économie

Banky Foiben’i Madagasikara (BFM) a relevé son taux directeur de 12 % à 12,5 % après la remontée de l’inflation à 8,6 % en juin 2026. Pour le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Ramiarison Herinjatovo Aimé, cette réponse doit s’inscrire dans une politique globale préservant également le financement de l’économie productive.

Le ministre place la stabilité au cœur du cap économique

La maîtrise de l’inflation demeure une priorité de la politique économique conduite par le Gouvernement. Selon le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Ramiarison Herinjatovo Aimé, la stabilité des prix ne constitue pas uniquement un indicateur macroéconomique : elle conditionne directement le pouvoir d’achat des ménages, la visibilité des entreprises et la confiance des investisseurs. « La stabilité macroéconomique améliore la visibilité des acteurs économiques et crée un cadre plus favorable à la mobilisation des financements, à la réalisation des investissements et à la consolidation d’une croissance durable », souligne-t-il, lors de la présentation de la décision de politique monétaire, ce 5 août 2026, au Carlton Anosy. Cette orientation repose sur une complémentarité entre la politique monétaire conduite par Banky Foiben’i Madagasikara et les politiques budgétaires et structurelles mises en œuvre par le Gouvernement. L’enjeu est de contenir les déséquilibres sans compromettre la reprise de l’activité, l’investissement productif et la création d’emplois. Il ne s’agit donc pas d’opposer la lutte contre l’inflation au soutien à la croissance, mais de coordonner les différents instruments économiques afin de préserver simultanément la stabilité et les capacités de transformation du pays.

Une réponse à la reprise des tensions inflationnistes

La décision du Comité monétaire intervient après l’interruption du mouvement de désinflation observé au cours des derniers trimestres. L’inflation en glissement annuel est passée de 6,8 % à fin mars à 8,6 % en juin 2026. Cette accélération provient principalement de l’inflation sous-jacente, qui exclut les composantes les plus volatiles, notamment le riz et l’énergie, et qui a atteint 11,4 %. Dans le même temps, les prix de l’énergie ont progressé de 3,9 %, tandis que ceux du riz ont légèrement reculé de 0,7 %. En portant son taux directeur à 12,5 %, Banky Foiben’i Madagasikara entend atténuer l’accélération prévisionnelle des prix, préserver la stabilité financière et ramener progressivement l’inflation vers son objectif de moyen terme fixé à 5 %. Le contexte international demeure en effet incertain, avec des tensions géopolitiques qui continuent d’affecter les prix de l’énergie, des produits de base, du fret et de l’assurance maritime. Ces chocs extérieurs peuvent progressivement se transmettre aux coûts de production, au transport et, à terme, aux prix supportés par les consommateurs.

Surliquidité bancaire : un enjeu de transmission monétaire

Le relèvement du taux directeur intervient toutefois dans un système bancaire actuellement marqué par une surliquidité. Cette situation peut réduire la dépendance des établissements de crédit au refinancement de la Banque centrale et, par conséquent, atténuer la transmission immédiate du taux directeur aux conditions de crédit. Le rapport de politique monétaire relève notamment une progression de 15,1 % de la masse monétaire en juin 2026, supérieure aux prévisions, principalement sous l’effet de l’augmentation des avoirs extérieurs. Les crédits bancaires ont, pour leur part, progressé de 8,8 % sur un an. Dans ce contexte, l’efficacité de la mesure dépend également de la gestion de la liquidité sur le marché monétaire. Les opérations d’absorption conduites par la Banque centrale doivent permettre de rapprocher les taux interbancaires de l’orientation donnée par le taux directeur. L’objectif est que le signal monétaire se transmette effectivement aux comportements de financement et aux anticipations, tout en évitant un resserrement désordonné du crédit qui pénaliserait les activités productives.

Mieux orienter le crédit vers l’économie réelle

Pour le ministère de l’Économie et des Finances, l’existence d’une liquidité bancaire abondante met également en évidence un défi plus structurel : transformer les ressources disponibles en financements accessibles aux entreprises, aux producteurs et aux porteurs de projets. Malgré la disponibilité de liquidités, une partie importante des petites et moyennes entreprises demeure confrontée à des taux élevés, à des exigences de garanties difficiles à satisfaire et à des maturités de crédit parfois inadaptées aux investissements de long terme. Le Ministre porte ainsi une réflexion sur l’évolution du système de crédit bancaire afin de mieux l’adapter aux priorités économiques actuelles. Cette réforme vise à améliorer l’orientation des financements vers l’entrepreneuriat, les PME, la production nationale et les secteurs prioritaires de la relance. Elle devra également contribuer à réduire les asymétries d’information, renforcer les mécanismes de garantie et favoriser le développement de crédits à moyen et long terme, tout en maintenant une gestion prudente des risques bancaires. Cette approche est d’autant plus nécessaire que l’économie montre des signes de reprise. L’activité économique a progressé de 4,8 % au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent, tandis que la croissance nationale est projetée à 3 % pour l’ensemble de l’année 2026. Les réserves de change s’établissaient par ailleurs à 3,676 milliards de dollars à fin juin, soit l’équivalent de sept mois d’importations, contribuant à conforter la stabilité extérieure du pays.

Des instruments publics pour accompagner l’investissement

La réforme du financement bancaire est complétée par le déploiement de mécanismes publics d’appui, notamment le Fonds national de développement et d’investissement, (FNDI), et le programme FANDROSO. Ces instruments doivent faciliter la mobilisation de ressources en faveur des projets structurants, accompagner les entreprises qui rencontrent des difficultés d’accès au crédit et accroître la participation du secteur privé au financement du développement. À travers cette articulation entre politique monétaire, réforme du crédit et instruments publics d’investissement, le Gouvernement entend préserver le pouvoir d’achat sans affaiblir les moteurs de la relance. Le cap porté par le ministre de l’Économie et des Finances consiste ainsi à maintenir un cadre macroéconomique stable, tout en faisant du financement un véritable levier de production, d’investissement et de création d’emplois durables.